Un groupe de poissons, ou un banc de poissons, illustre parfaitement l’agilité comportementale d’une équipe. Il sait où il va, il sait pourquoi il y va, le sens est connu et partagé. Il sait parfaitement s’adapter en cas de problème, pour contourner un récif par exemple. Sa formation collective lui permet d’échapper aux prédateurs, avec une meilleure détection du prédateur, une réduction de la fréquence des attaques, et une dilution du risque de capture individuelle. Il optimise son efficacité pour avancer, grâce à l’intelligence collective. Enfin, chaque membre du banc se reconnaît et se fait confiance.
La vocation première du banc est d’offrir l’équivalent d’un refuge en milieu ouvert. Les individus se trouvant au centre du banc se trouvent protégés par ceux qui en occupent les flancs. Face à l’attaque d’un prédateur, la plupart des espèces grégaires adoptent la même stratégie comportementale, et le banc se resserre pour prendre l’aspect d’une « boule », protégeant les individus les plus faibles au centre.
Le banc permet également une meilleure exploitation des ressources, en augmentant localement le volume global du banc, par rapport au volume d’un individu, on multiplie la probabilité de trouver une source de nourriture. De même, en cherchant, en réfléchissant à plusieurs, on trouve plus facilement des solutions, on bénéficie des idées et trouvailles des autres, on innove, c’est l’intelligence collective.
Le banc représente de plus un modèle de synchronisation, les relations spatiales entre les poissons d’un banc changent, car les poissons ajustent constamment leur vitesse et leur direction, avec des virements synchronisés qui illustrent un parfait ballet.
La structure du banc de poissons n’est pas une forme géométrique régulière, elle est plutôt probabiliste et résulte de l’application, par chaque poisson, d’une règle de comportement simple : chaque individu maintient un espace vide autour de lui. Les poissons maintiennent leur position dans un banc en combinant les informations visuelles et celles qui sont issues de leurs lignes latérales, des récepteurs sensibles au déplacement de l’eau.
Les équipes pérennes sont celles qui parviennent à mettre en œuvre différents comportements : synchronisation, anticipation, coopération, innovation… tout en conservant le sens collectif. Les individus au sein de l’équipe doivent faire appel à différentes capacités, et avancer dans la confiance. Le savoir-agir ensemble, en interdépendance avec différents interlocuteurs, internes et externes, devient une façon d’assurer une performance globale et durable.