Les anguilles électriques, des poissons d’eau douce d’Amérique du Sud, sont capables d’envoyer des décharges d’une tension allant de 50 millivolts à 860 volts.
Une seule d’entre elles peut paralyser un cheval ou même tuer un être humain.
Au Japon, des scientifiques de l’Institut Riken se sont intéressés à un autre poisson survolté, la torpille, dont l’espèce la plus grande, la torpille noire, peut délivrer des chocs électriques de 60 à 230 volts en dépassant les 30 ampères.
Aussi appelé raie électrique ou Torpedo, ce poisson cartilagineux est capable de transformer une énergie chimique stockée sous forme d’ATP (adénosine triphosphate) en énergie électrique grâce à un organe constitué d’électrocytes.
L’équipe de recherche a prélevé cet organe, l’a stimulé chimiquement grâce à l’injection d’un neurotransmetteur (l’acétylcholine) et est parvenue à lui faire décharger son électricité.
Elle a ainsi obtenu jusqu’à 1,5 V pour 0,64 mA de courant continu pendant plus d’une minute.
Les chercheurs japonais ont pu reproduire la génération du courant en maintenant l’organe fonctionnel pendant une journée.
Ils ont même réussi à produire et stocker une tension de 1,5 V pour une intensité de 0,25 mA.
Bien sûr, ce n’est pas grand-chose – juste de quoi allumer une diode – mais les scientifiques espèrent développer dans l’avenir des générateurs hautement performants, fonctionnant à base d’ATP et capables de reproduire artificiellement le procédé de la torpille.