Il faut savoir que la plante est confrontée à un terrible dilemme : lorsqu'elle ouvre grand ses stomates pour absorber le dioxyde de carbone (CO2) nécessaire à sa croissance et pour relâcher l'oxygène (O2) issu de la photosynthèse, elle perd de l'eau par évaporation.
Ce qui lui permet certes de se rafraîchir, comme lorsque nous transpirons, mais gare alors à la déshydratation.
La réponse des stomates au réchauffement apparaît dictée par un mécanisme retrouvé dans plusieurs lignées de plantes.
Les chercheurs ont découvert que les "capteurs de dioxyde de carbone" jouent un rôle central dans les réactions des stomates à la température.
Ainsi, lors d'un réchauffement rapide des feuilles, ces capteurs détectent la consommation accrue du CO2 par la photosynthèse, déclenchant alors une plus grande ouverture des stomates afin d'en faire entrer davantage.
Cependant, en cas de chaleur extrême, la photosynthèse des plantes se trouve perturbée.
La réponse des stomates à la chaleur "contourne" alors le système de détection du dioxyde de carbone, se "déconnectant" des réponses normales induites par la photosynthèse.
Autrement dit, elle entre en mode "refroidissement".
Cette recherche décrit la découverte selon laquelle l'augmentation des températures provoque l'ouverture des stomates par une voie génétique, mais si la chaleur augmente encore, un autre mécanisme entre en jeu pour augmenter l'ouverture des stomates.
L'impact du second mécanisme, dans lequel les plantes ouvrent leurs stomates sans bénéficier de la photosynthèse, entraîne une réduction de l'efficacité de l'utilisation de l'eau par les plantes cultivées.
Le réchauffement global pourrait ainsi conduire les plantes à avoir besoin de davantage d'eau par unité de CO2 absorbée.