Les résultats de leur étude ont été publiés lundi dans la revue Current Biology et repris par le journal britannique The Guardian.
Des biologistes américains ont observé pour la première fois que des femelles d’une espèce de poisson-scie étaient capables de donner naissance à des petits sans intervention des mâles.
Avant cela, la communauté scientifique n’avait observé le phénomène de reproduction asexuée, appelée parthénogenèse, que chez des vertébrés en captivité – des oiseaux, des reptiles et des requins – même si ces animaux étaient aussi capables de se reproduire de manière conventionnelle, par fertilisation d’un ovule par un spermatozoïde.
La parthénogenèse n’avait pu être identifiée qu’à deux reprises dans la nature, chez deux espèces de serpents mocassins aux Etats-Unis.
Mais c’était avant le cas du poisson-scie tident.
Grâce à une technique d’analyse de l’ADN effectuée sur 190 animaux, les chercheurs ont pu estimer qu’environ 3% des poissons-scies de Floride n’avaient pas de génome paternel et donc étaient issus d’une reproduction sans père biologique.
Les auteurs suggèrent que la parthénogenèse pourrait jouer un rôle dans la survie de cette espèce qui est menacée de disparition.
Le Guardian explique que l’ovule de la femelle, au lieu d’être fécondé par le sperme, fusionne avec un autre ovule qui contient le même matériel génétique.
Enfin, tous les bébés poissons-scies étaient des femelles, mais les chercheurs n’ont pas pu établir si elles étaient fertiles ou non car ces animaux n’atteignent la maturité sexuelle qu’au bout de plusieurs années.